Madinin'Art, critiques culturelles de Martinique, 3 histoires de Belkis Ramirez

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"L’exposition au TROPIQUES-ATRIUM

Avant de pénétrer à l’intérieur de la salle André Arsenec, nous sommes invités à introduire notre corps dans une sphère blanche ouverte. Notre tête se retrouve baignée dans l’obscurité et se déclenche alors une bande enregistrée qui relate une longue conversation de l’artiste avec son commissaire d’exposition. Belkis parle de son travail, de son oeuvre, de la vie. Cette installation interactive date de 2014 est s’intitule « Hasta que me guste – Jusqu’à ce que je m’aime ». Belkis m’a confié qu’elle n’aimait pas sa voix et que « ne pas aimer sa voix ce n’était pas s’accepter ». Ainsi, cette œuvre est à comprendre comme l’œuvre d’une performance personnelle qu’a réalisée l’artiste.L’intérieur de la galerie, magnifiquement scénographiée par Florence Le Gall, nous conduit dans un dédale de sculptures de 170 x 50 cm, représentant des femmes peintes en noir dont le visage, pour certaines est maquillé. Soit de face ou de profil, ces femmes gravées en double face, nous regardent, tournent aussi sur elles même, car elles sont suspendues, le plus souvent, par les cheveux et accrochées par un énorme hameçon. Ce qui nous interpelle c’est la pratique de l’artiste . Depuis de nombreuses années Belkis travaille avec les matrices qui servent en principe à réaliser de la xylogravure (La xylographie étant le procédé d’impression d’une image ou d’un texte qui utilise la gravure sur bois). L’artiste sculpte et entaille ses matrices de bois et les enduit de couleurs. Cette oeuvre, intitulée « De maR en peor – de meR en pire », mais qui sous entend « de mal en pire », a été pour la première fois réalisée en 2001. Dans une scénographie différente que celle que nous découvrons dans la galerie Arsenec, les silhouettes de 33 femmes faisaient face et front au spectateur. Cette même installation a été de nouveau exposée en 2009 à Kréyol Factory. Ici, les matrices semblent dialoguer avec chaque spectateur. L’artiste fait référence à toutes les femmes dominicaines qu’elle a pu rencontrer en Suisse ou en Hollande et qui pour survivre se prostituent."

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